Bref historique

Il était une fois "ACANTHE" Village d'Artistes

1. L'AVANT ACANTHE

La création d'Acanthe est le résultat d'un contexte général favorable entretenu par la commune depuis longtemps.

En effet, il faut remonter au mandat de 1989-94 pour découvrir que l'équipe municipale et son maire Régis de Crépy lancent une réflexion importante sur la valorisation de l'église Saint-Germain et sur sa danse macabre, privilégiant ainsi une nouvelle forme de développement économique induite par l'activité culturelle.

Le mandat 1995/2000 permettra d'étudier un projet ambitieux avec de nombreux partenaires, le Centre d'Evocation d'Art Mural (CEAM). Une charte est signée entre plusieurs communes de Puisaye qui abritent ce genre d'œuvres picturales. C'est le premier pas vers la création de l'actuel réseau des peintures murales de Puisaye-Forterre.

Pendant cette période plusieurs manifestations culturelles virent le jour: expositions artistiques dans la grange du Prieuré, concerts dans l'église organisés par le Dr Savier et Josiane Elola, responsable du Comité des fêtes.

En mars 2001, Jean Ravisé et Marie-Claude Faguet (les deux seuls membres fondateurs d'Acanthe encore présents dans l'association en 2014) sont élus et se retrouvent maire et adjointe. La nouvelle équipe municipale analyse l'étude de faisabilité du CEAM présentée juste avant les élections. Finalement, les risques financiers pressentis amènent à abandonner ce projet.

Néanmoins une nouvelle fois, il apparaît à la commune qu'elle n'avait pas vocation à l'activité industrielle, incompatible avec son image valorisante et que l'artisanat, même s'il était souhaité, restait dépendant des "candidats" à l'installation (rares à notre époque). L'atout majeur restait donc l'église et ses peintures qui attirent chaque année plusieurs milliers de visiteurs. La piste de l'art et de la culture comme vecteur de développement restait donc ouverte.

En 2001, à l'occasion du vide-greniers, "les Arts graphiques" de la Métairie Bruyère de Parly, la « Galerie de l'ancienne poste" de Toucy et plusieurs créateurs exposent à la Grange du Prieuré.

Toujours à la Grange du Prieuré a lieu une autre manifestation organisée par deux lafertois, Régis Juvigny et Léo Lalande, sur une idée originale de "Babette", restauratrice à Perreux, ancienne élève des Beaux -Arts. L'expo, intitulée "Hobbies d'architectes", présenta des activités artistiques non-professionnelles d'architectes. La commune participait à la mise en place de cette belle réussite que découvre Philippe Mottron, le responsable d'une importante action du Conseil général 89 : les ACI (Artistes Contemporains Icaunais). Ces ACI présentaient une exposition chaque année dans les principales villes de l'Yonne. Cette rencontre donne l'occasion à Jean Ravisé de proposer la candidature du village : vu sa taille... hésitations, mais, vu sa détermination... La Ferté-Loupière fut retenue pour accueillir les ACI quatre années consécutives. Puis le Conseil municipal, trouvant sa participation financière trop importante, abandonna l'action.

Plusieurs autres actions contribuèrent également à créer un climat créatif puissant :

- Cours et représentations théâtrales, ainsi qu’atelier d'arts plastiques organisés par Ali Amin. Ce réfugié irakien, metteur en scène de l'Institut du Monde Arabe à Paris devenu "poyaudin", permit la révélation de Karine Werner et Emma Ash, toujours artistes d'Acanthe.

- Ateliers graphiques animés par Frédérique Danse

- Création de la "Boutique Ephémère" à l'ancien bar-restaurant l'Etoile qui regroupa une nombreuse et dynamique équipe d'artistes locaux.

Toute cette énergie créatrice attira de nombreux passionnés d'art, dont deux personnes déterminantes: Muriel André, animatrice de la radio locale France Bleue et son mari Christian Emmanuel Sourie, qui rencontrèrent le Maire, souhaitant acquérir le presbytère pour y abriter un projet intéressant : le regroupement d'un grand nombre d'artistes locaux pour en favoriser l'essor (exposition et vente d'œuvres).

Le presbytère resta communal mais le Conseil municipal accepta de le mettre à la disposition de ce projet.

2. NAISSANCE D'ACANTHE

Décembre 2001 : première réunion des artistes qui répondirent nombreux à l'appel de Muriel André et de Jean Ravisé. Grande effervescence, beaucoup d’enthousiasme.

2002 : il faudra de nombreuses et laborieuses réunions de travail pour harmoniser les souhaits et attentes des artistes qui acceptèrent de se regrouper en Association loi 1901. Il fallait un nom fédérateur, celui de la symbolique feuille qui orne les chapiteaux corinthiens fut retenu. "Acanthe, villages d'artistes" était né (officialisation en préfecture le 15 janvier 2003).

Acanthe fut aussitôt placée sous l'égide du Sivom (Syndicat Intercommunal à vocations multiples) de la Vallée moyenne du Vrin, qui regroupait Saint-Romain-le-Preux, Sépeaux et la Ferté-Loupière, d’où le "s" à villages. Jusqu'à sa dissolution en 2010, le Sivom participe activement à la vie d'Acanthe (Conseil d'administration, aides financières annuelles).

Depuis sa création jusqu'en 2005 la gestion de l'association fut assurée par les artistes regroupés autour de Muriel André-Sourie. Période difficile, les avis étant la plupart du temps contradictoires. Cependant les résultats étaient probants. Expositions dans la Grange du Prieuré aménagée par la commune (éclairages et cimaises) ainsi que l'atelier du photographe annexe. Aménagement par les bénévoles de l'association du rez-de-chaussée du presbytère mis gracieusement à disposition par la commune pour y abriter la première boutique.

Création de festivals d'été, d'ateliers dont l'atelier Bronze sous l'impulsion de Philippe Venot avec l'aide de Philippe Gervais ; fortes animations pour la commune qui commence à se positionner nettement au niveau départemental.

2004 : Muriel André-Sourie, exténuée par le véritable travail de chef d'entreprise bénévole que représentait la gestion d'Acanthe, ajouté à ses responsabilités professionnelles, dut abandonner.

Marie-Claude Faguet, vice-présidente, se retrouva donc présidente par intérim pour assurer le relais. Pierre Mathey, membre de l'association depuis sa création (également conseiller municipal de St Romain-le-Preux et délégué du Sivom) accepta quelque temps plus tard d'en prendre la présidence. Fort de l'expérience des premières années, il lui apparût utile de modifier la composition du groupe dirigeant. S'il était évident que les artistes étaient les véritables "moteurs" de l'association, ils n'en étaient pas pour autant les meilleurs gestionnaires. L'organisation s'articula alors sur deux axes :

1) Gestion assurée par les bénévoles passionnés

2) Force créatrice assurée par les artistes

Pierre Mathey et Marie-Claude Faguet entourés d'une forte équipe (Arlette Mazuel, Alain Guettard, et Georges Sarrut) installèrent Acanthe dans les locaux du rez-de-chaussée du bâtiment de l'Etoile remis en état par la commune (importante réalisation architecturale vu l'état de délabrement initial).

En effet, l'action partenariale de l'association et de la commune basée sur un objectif commun - le développement économique induit par l'action culturelle et artistique - a permis la mise en place d'une opération dite "structurante" auprès des partenaires financiers (Europe, Etat, région, département) qui aidèrent le projet à plus de 70% de l'investissement, à la condition expresse que les locaux soient mis gratuitement à la disposition de l'association.

"L'Espace Acanthe" qui ne manqua pas de surprendre, car inhabituel en milieu rural, fut aussitôt le tremplin tant souhaité pour améliorer et affirmer les objectifs.

- Installation d'une foisonnante boutique, véritable promotion des artistes

- organisation régulière toute l'année d'expositions

- organisation d'ateliers

Cependant la tenue et l'animation de l'Espace Acanthe déborda largement la capacité des bénévoles et il fut décidé d'embaucher des salariés sous forme de contrats aidés (aide de l'Etat). Pour en diminuer l'impact sur la trésorerie de l'association, l'acceptation par les responsables de la Poste d'installer le relais-poste (en remplacement du bureau de poste abandonné) était une véritable aubaine, même si cette nouvelle responsabilité engendrait un travail important.

2008 : Elections municipales. Jean Ravisé et Marie-Claude Faguet sont reconduits dans leurs fonctions. Pierre Mathey président présenta un programme ambitieux d'actions de valorisation de l'association pour l'amener à un niveau supérieur. Ne souhaitant pas piétiner et trouvant que le maire et sa nouvelle équipe manquaient complètement d'enthousiasme, il décida brutalement de démissionner, ainsi que le vice-président et la trésorière. L'association en plein essor se retrouva à nouveau en difficulté.

Aline Clément qui venait de rejoindre le groupe dirigeant comme animatrice passionnée, efficace et très engagée, déclina le poste de présidente pour cause de distance trop importante de son lieu de résidence (50 km).

Marie-Claude Faguet qui, précédemment, n'avait accepté que le poste de secrétaire, devant la menace d’un arrêt d’Acanthe, prit les places de présidente et trésorière : il fallait «sauver le soldat Acanthe». Entourée de bénévoles qui ne comptèrent pas leur peine, Aline Clément - responsable de la communication - et Jean-Pierre son mari, Georges Jacques, les époux Beugras, Marie-Louise Guillemot - secrétaire -, Julien Magnier, Lucien Carron, Hélène Rebèche - trésorière -, Florence Jacquemin aux manettes du site web, ainsi que tous ceux qui aident régulièrement, ou plus ponctuellement, Acanthe poursuivit sa route ascendante malgré une crise économique inattendue qui perturba sensiblement la fréquentation des visiteurs. De nouvelles venues en 2012, Alexine Darcel - nouvelle trésorière -, Arlette Carcanade qui remplaça Aline Clément démissionnaire, Chantal Astier , Monique Rougeot et Raquel Menajovsky, vinrent renforcer l'équipe et épauler Marie-Claude Faguet et les anciens d'Acanthe pour de nouvelles aventures.

3. ACANTHE : PERSPECTIVES

La vivacité d'Acanthe a attiré de nouvelles personnes, convaincues de l'intérêt que représente Acanthe tant pour la valorisation des artistes que celle de la commune. La nouvelle équipe alliant le savoir-faire des "anciens", ceux qui ont œuvré tout au long de ces années pour faire vivre Acanthe et l'enthousiasme des "nouveaux" contribuent à renforcer activement et efficacement les activités d'Acanthe. C'est à travers l'implication de ses adhérents et le regain d'intérêt des artistes pour ce lieu d'expression que l'on mesure le dynamisme d'Acanthe.

Acanthe fêtait ses 10 ans en 2013. Bien des pistes intéressantes ont été évoquées pendant cette décennie. Le manque de moyens (financiers ou humains) n'a pas permis de les mettre toutes en action.

L’aboutissement de l'atelier bronze, les projets de nouveaux ateliers, l'organisation d'événements exceptionnels, les soirées thématiques… restent à explorer, sachant que la réussite des actions engagées dépendra toujours de la bonne volonté et de la participation des bénévoles passionnés.

Une nouvelle tranche de vie se présente favorablement : créativité, efficacité et pugnacité sont au rendez-vous et laissent imaginer de belles réalisations en perspective.
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